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De l'avenir pour la Perle des Antilles

L’Université Laval a contribué activement à la Déclaration de Port-au-Prince sur le patrimoine, le tourisme culturel et le développement durable

 

À Port-au-Prince, du 10 au 13 novembre, quelque 250 personnes ont participé à l’atelier international «Patrimoine, tourisme et développement durable. Enjeux et perspectives d’avenir», organisé conjointement par l’Institut du patrimoine culturel (IPAC) de l’Université Laval et l’Université d’État d’Haïti. La rencontre portait sur les perspectives de développement et la mise en place de projets d’intervention touristique adaptés à la situation haïtienne. Elle a démontré la force dynamique du milieu haïtien, en réunissant des chercheurs universitaires, des spécialistes du tourisme culturel, mais aussi des hauts fonctionnaires, des responsables d’association et d’ONG, des entrepreneurs privés, des dirigeants d’organisme tels la Banque interaméricaine de développement (BID), le Fonds de reconstruction d’Haïti et la Chambre de commerce d’Haïti, ainsi que plusieurs décideurs gouvernementaux. L’événement était placé sous la présidence d’honneur de Michaëlle Jean, envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti et ex-gouverneure générale du Canada.

Le sujet peut surprendre, alors que le pays est souvent présenté sous un jour négatif, peu attirant pour le touriste. Pourtant, Haïti, derrière les images sombres véhiculées, est encore la Perle des Antilles qui faisait d’elle la première destination touristique des Antilles dans les années 1970. Les nombreux touristes de la République dominicaine voisine la visitent souvent en raison de la richesse de son patrimoine. En effet, aux kilomètres de plages paradisiaques s’ajoutent, selon J. Camille Bissereth, directeur de la Fondation pour le tourisme alternatif, «114 fortifications, 149 monuments historiques, 75 grottes, 111 plages, 86 sites archéologiques, 49 paysages naturels, 18 hauts lieux sacrés et 188 fêtes patronales». On y trouve, entre autres, les vestiges d’un village précolombien, le site des premières implantations de Christophe Colomb en Amérique à Caracol, les ruines de Fort-Liberté, une architecture coloniale unique nommée Gingerbread, un site du patrimoine mondial de l’UNESCO d’environ 25 km: le palais de Sans-Souci et ses dépendances, la citadelle Henry et le site fortifié Ramiers. On y trouve aussi un très riche patrimoine immatériel: Carnaval de Jacmel, festivités vodou, artisanat, sculpture de fer découpé et, bien sûr, la peinture, omniprésente dans les rues de Port-au-Prince et reconnue dans le monde entier.
   
Le tourisme est l’un des piliers du gouvernement Martelly pour la reconstruction du pays. Selon l’un des conférenciers, Carlos Vogeler, de l’Organisation mondiale du tourisme, le potentiel de développement du tourisme culturel en Haïti est d’autant plus important que la région des Caraïbes est une destination touristique de premier plan et en croissance constante: «Haïti doit trouver son propre chemin; il n’y a aucune raison pour que ce pays reste à la traîne en tant que destination touristique dans les Caraïbes. Ses ressources naturelles, ses plages et son climat sont comparables à ceux des destinations touristiques les mieux établies dans la région et Haïti dispose d’une richesse culturelle très singulière et d’une grande valeur qui peut la démarquer nettement des autres pays de la région. Le tourisme, en tant que secteur, a la particularité et l’avantage d’offrir des ressources et des possibilités d’emploi sur un mode plus décentralisé que d’autres secteurs productifs. Il contribuera de la sorte à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration des conditions de vie des communautés, ce qui en fait un formidable levier pour bâtir l’avenir d’Haïti». «La culture constitue le ciment de la cohésion sociale du pays tout en étant une source de revenus, a rappelé Michaëlle Jean. Il s’agit en effet d’un secteur créateur d’emplois, car un Haïtien sur dix est artisan. L’UNESCO soutient l’intégration de la culture aux stratégies de reconstruction, notamment par le développement d’un tourisme durable.
  
Les participants ont adopté, par acclamation, la Déclaration de Port-au-Prince sur le patrimoine, le tourisme culturel et le développement durable. Ce document sera remis à l’UNESCO ainsi qu’à la présidence de la république d’Haïti, à la demande des parlementaires présents.

 

Photo 1 : Le Président Martelly lors de la cérémonie d’ouverture, à sa droite F. Deshommes, UEH ; Elsa Baussan Noel, Secrétaire d’Etat au patrimoine ; Stéphanie Villedrouin, Ministre du Tourisme ; Michaëlle Jean ; Wilson Laleau, Ministre du Commerce ; L. Turgeon, organisateur du colloque, IPAC U.Laval ; Henri-Paul Normandin, Ambassadeur du Canada en Haïti ; Didier Le Bret, Ambassadeur de France en Haïti ; Jon Piechowski, Directeur des Affaires publiques à l’Ambassade des Etats‐Unis en Haïti, Hervé Denis, Président de la Chambre de Commerce d’Haïti ; Pierre Chauvet, Président de l’Association touristique d’Haïti ; Jacques Mathieu, U. Laval. Hôtel Karibe, Pétionville, jeudi 10 novembre 2011.

Photo 2 : Laurier Turgeon, U.Laval, la Très honorable Michaëlle Jean, présidente d’honneur, Pierre Turgeon, étudiant et photographe, Stéphanie Villedrouin, Ministre du Tourisme d’Haïti, Kesler Bien-Aimé, photographe. Inauguration de l'exposition photographique "Les patrimoines d'Haïti", Hôtel Karibe, Pétionville, jeudi 10 novembre 2011.

 

Source: AU FIL DES ÉVÉNEMENTS
Le journal de la communauté universitaire
ÉDITION DU 1er DÉCEMBRE 2011
Volume 47, numéro 13
http://www.aufil.ulaval.ca/articles/avenir-pour-perle-des-antilles-33246.html
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